Quand les randonneurs bousculent les codes

par Patrick  -  9 Septembre 2026, 09:53



Refuges de montagne : quand les randonneurs
bousculent les codes.

Un article de L'Est républicain et Vosges Matin  nous appelle à la prise de conscience  de notre environnement en tant que randonneur que ce soit en plaine ou en montagne.

Depuis la Covid, la fréquentation des refuges de montagne atteint des niveaux records.
La conséquence ? L’arrivée d’une nouvelle clientèle peu familière du manque des codes
de ces abris d’antan.

Immersion au refuge des Trois-Fours à Stosswihr, dans les Vosges
alsaciennes.

Il est 19 h au refuge des Trois-Fours, à 1 200 mètres d’altitude. Les popotes de soupes de
légumes frais fument sur les tables, à côté des bouteilles de sauce Maggi®. Histoire de rappeler
que malgré la proximité de Gérardmer, c’est bien en Alsace, entre le col de la Schlucht et le
Hohneck, que la halte a lieu. Les bâtons de marche laissés à l’entrée, les muscles se relâchent
devant des pintes de bière. Alain, la trentaine contre toute attente, raconte à Isabelle et sa
copine ses 45 bornes du jour.
Quand le hachis parmentier arrive, une tablée de randonneurs allemands débarrasse ses
assiettes sales. C’est peut-être un petit geste pour vous, mais pour Thomas Simard, le
Co gardien du refuge, cela veut dire beaucoup. Un peu plus tard dans la soirée, il débriefe :
« Les assiettes, elles sont censées faire tout le repas. Surtout avec la pénurie d’eau, ce n’est
pas le moment de faire ça. En cuisine, c’est deux fois plus de plonge. »
Pour lui, cette anecdote anodine est révélatrice d’un changement plus profond qui « tend 

refuge club vosgien de Fréconrupt

à transformer les refuges en hôtels restaurants. Auparavant, le refuge était quelque chose de collectif. Les gens arrivaient crevés après leur étape, ils étaient juste heureux de se poser dans le dortoir.

 

Aujourd’hui, quelque chose de plus en plus individualiste arrive, avec une recherche
de confort plus plus plus ».
Depuis la Covid, le besoin de reconnexion à la nature a vu la fréquentation de ces lieux bondir.
Comme 120 autres refuges en France, soit environ 40 % du parc national, le refuge des Trois-

refuge des Trois Fours

Fours est géré par la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM). Suivant la tendance nationale , il a lui aussi enregistré une fréquentation record en 2025,
en hausse de près de 9 % par rapport à 2023.
D’autant plus que celui-ci possède une petite particularité : lorsqu’il ne neige pas, il est
accessible en voiture. Il brasse donc beaucoup de cette population que l’on appelle les néo-randonneurs : des personnes peu familières de la montagne, venues vivre une expérience.
« On voit pas mal de familles, des grimpeurs, des trailers. Il y a une certaine internationalisation
aussi : 40 % de notre clientèle vient de Belgique et d’Allemagne », témoigne Thomas en
confiant croiser « de plus en plus de jeunes. Parfois même des ados de 16 ans, qui sont admis
au refuge à condition d’avoir une autorisation signée de leurs parents ».
• Les mentalités évoluent
Repartir avec ses déchets, laisser ses chaussures à l’entrée, faire attention à sa consommation
d’eau et d’électricité… Sur les murs en bois, ce code des randonneurs est rappelé à la clientèle
par le moyen d’affiches sympathiques. Mais avec l’afflux de cette nouvelle clientèle, « il y en a
toujours pour ne pas respecter les règles. Quelques-uns ne veulent pas manger certains
aliments qui n’ont rien à voir avec des restrictions alimentaires. D’autres ne veulent pas dormir
en dortoir et demandent des chambres seuls… », déplore Sokonnthéa Dam, qui garde les clés
du refuge avec Thomas chaque été depuis deux ans.
Pour cette saison, Simon Certain, un Breton de 26 ans attiré par « la nature et la débrouille »,
est venu les épauler. « C’est justement à nous de valoriser les valeurs de la montagne tout en
gardant l’esprit refuge et la convivialité », estime-t-il. Il n’empêche qu’il regrette un brin de
croiser toujours les mêmes profils de randonneurs : « C’est souvent le même public : des
personnes au capital culturel et social important, et peu de personnes racisées. »
• L’essentiel est ailleurs
Derrière eux, le regard plonge sur la vallée de Munster, avec le Hohneck et les crêtes
vosgiennes en toile de fond. « Soko », de son surnom, se remémore un groupe qui se parfumait
et mettait du rouge à lèvres un soir pour venir dîner. « Ça dénote avec le côté "roots ( racine, origine) d’antan" 
À côté, Thomas acquiesce : « L’ambiance de la montagne, c’est de laisser le superflu de côté.

Quand tu loupes ça parce que tu es trop occupé à te mettre du Calvin Klein®… C’est assez paradoxal. Pourquoi s’encombrer de tout cela quand l’essentiel est devant toi ? »


La Fédération du Club Vosgien dans sa nouvelle charte Environnement dans le chapitre IV, rappelle les bonnes pratiques aux adhérents des clubs vosgiens et en fait un acte de sensibilisation important vis à vis de nos randonneurs.

reprise d'un article écrit par Fanny PERRETTE, photos: Jérôme HUMBRECHT et club vosgien

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :